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Début août, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, nous a reçu dans son bureau de la rue Descartes. L’occasion d’évoquer avec elles les trois premiers mois de son action au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, les dossiers en cours et les chantiers à venir, notamment celui des Assises nationales de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à propos desquelles nous avons pu obtenir des précisions de calendrier et de méthode. La ministre a notamment affiché sa volonté d’ouvrir ce débat à l’ensemble de la société civile. Morceaux choisis.
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RSU : Vous avez été nommée ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en mai dernier. Après déjà trois mois d’activité, comment définiriez-vous votre rôle, votre mission ?
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GF : Mon premier rôle, c’est de remettre l’Enseignement supérieur et la Recherche au cœur de notre projet de société. Parce que la science, l’accès à la connaissance, l’élévation du niveau de formation, la Recherche sont des leviers essentiels de progrès et de croissance.
On a tenu tout un discours sur la jeunesse et la justice sociale pendant la campagne. Il faut être cohérent, démocratiser l’Enseignement supérieur, c’est-à-dire le rendre à la fois plus accessible et compréhensible par tous, notamment pour les catégories populaires. 700 millions d’euros ont été dépensés par le gouvernement précédent pour le plan réussite en Licence. Or les résultats sont en train de remonter : aucun indicateur n’a bougé. Parce qu’on n’a pas utilisé cet argent comme il aurait fallu. On a mis des rustines, alors qu’il faut de la pluridisciplinarité, des pédagogies nouvelles, du tutorat, de l’alternance, etc.
Le premier effort consiste à rendre plus lisible nos offres de formation. Par exemple, il y a actuellement 3 000 Masters ! C’est déjà compliqué pour les employeurs, alors pour les étudiants, on imagine combien il est difficile de s’y retrouver. D’autant qu’il n’existe pas toujours des portails susceptibles de transmettre les informations dans ce domaine. De plus, on a du mal à mutualiser, ce qui peut créer de la désaffection, de la perte de confiance, non pas envers la valeur des enseignements et des enseignants à l’université, mais dans la capacité à aiguiller les jeunes, pour qu’ils ne perdent pas pied, surtout quand ils ne sont pas issus d’un milieu qui peut les aider à s’orienter, parce qu’il est familiarisé avec les études longues. Il faut que nos offres retrouvent de la lisibilité, pour construire des parcours de réussite, notamment dans le cas des premiers cycles, des BTS, des IUT. On va commencer à s’y atteler en travaillant d’abord sur la question de l’orientation. C’est ce que nous sommes en train de construire avec Vincent Peillon, avec le « Plan - 3 + 3 » qui inclut une présentation des métiers et des voies possibles dès les années Lycée, sans exclusive : métiers du public, de l’associatif, de l’économie sociale et solidaire, du privé. Ce n’est pas toujours facile en effet, pour les jeunes de se repérer dans l’éventail des possibilités qui leur sont offertes, quand ils n’ont pas de réseau culturel et familial pour les y aider. Et cela crée de l’échec. Il faut que les jeunes puissent se projeter dans l’avenir.
D’un côté, l’accès à la connaissance et à la formation (et à la formation continue, pour laquelle les ressources pédagogiques de l’université sont importantes et pourraient être plus utilisées). De l’autre, la recherche, et la recherche pour tout de suite. On me dit souvent, la recherche c’est pour demain, ce sont les emplois de demain. Mais ce n’est pas vrai. Au-delà des recherches qui donnent des applications médicales ou technologiques auxquelles on pense immédiatement, la recherche crée beaucoup d’emplois dès aujourd’hui, et même la recherche la plus fondamentale. Je suis allée par exemple au CERN (Centre européen de recherche nucléaire), avec le Premier ministre, où l’on travaille notamment sur les dixièmes de secondes qui suivent le Big Bang. On pourrait se dire que ces recherches concernant l’origine du monde, entamées il y a un demi-siècle, sont inutiles, qu’on voit difficilement quelles applications en tirer. Or, c’est oublier que, pour un euro investi, on en retire 4,28 euros, d’abord parce que 71% des chercheurs habitent en France, donc dépensent et investissent en France, ensuite parce que 35% des services et sous-traitances industrielles, achats industriels se font en France. Cela signifie donc que même la recherche la plus fondamentale fait fonctionner l’économie. Pour résoudre les difficultés économiques que nous traversons, il n’y a pas que les politiques de traitement social de l’emploi – qui sont nécessaires, et on a tout à fait raison de le faire. L’investissement dans la recherche est aussi une partie de la solution.
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RSU : Et les sciences humaines et sociales ? Faut-il toujours lier recherche et retombées économiques ?
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GF : Non, bien sûr. Les SHS sont moins liées immédiatement à une application économique, mais ce n’est pas pour cela qu’elles ne doivent pas avoir leur place, notamment pour aider à la construction des politiques sociales et technologiques, réfléchir aux liens entre science et société, à l’éthique de la science, à la notion de traçabilité, d’espace privé, à la réflexion sur la différence entre temporalités de la recherche et temps du politique, de l’urgence. Les SHS ont leur méthode propre, qu’il faut reconnaître, et leur portée critique est très importante. Mais elles manquent de reconnaissance nationale : 50% des SHS sont en Ile-de-Franc, ce qui signifie qu’elles n’irriguent pas suffisamment le territoire, tout simplement parce que l’on a manqué de stratégie à leur égard. J’ai d’ailleurs demandé à Alain Fuchs, qui préside l’Alliance Athéna, de proposer une stratégie propre et originale des SHS.
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LES FEMMES À L’UNIVERSITÉ
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RSU : Une femme à la tête de la rue Descartes, ce n’est pas si courant – on en compte quatre seulement sous la Ve République, d’ailleurs pas toutes ministres de plein exercice –, et cela reste symbolique : alors que le taux de scolarisation des filles est plus élevé que celui des garçons dans le supérieur, et que 60% des diplômés de l’enseignement supérieur sont des femmes, seules 20% de femmes sont aujourd’hui professeurs des universités, et bien peu sont élues dans les conseils centraux ou à la tête des universités, pour des raisons à la fois d’autocensure et de discrimination. Comment la question de la parité, érigée en principe par les socialistes pour la composition du gouvernement et l’attribution des circonscriptions législatives, peut-elle guider votre action ?
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GF : Pour ma part, j’ai longtemps été contre la politique des quotas. Mon éducation m’avait donné une image déformée de la société. Mes deux parents sont normaliens, et ont eu deux parcours exactement identiques en termes de carrière et de salaires, l’un ayant trouvé dans les études un moyen d’ascension sociale, l’autre ayant été contraint de travailler, suite à un déclassement social – les châteaux avaient disparu (rires). De par mon milieu, j’ai donc toujours eu une vision très égalitaire des rapports hommes/femmes. Pour moi, ce n’était pas un problème. Je trouvais la politique des quotas humiliante. Je me disais qu’une femme serait toujours soupçonnée d’être là où elle était non pas en fonction de ses compétences mais en raison de son sexe.
Depuis, j’ai évidemment évolué. Quarante ans de vie professionnelle, dont vingt ans dans le secteur de l’innovation, les conseils d’administration des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, le milieu politique, m’ont permis de voir les choses différemment. Nous savons aujourd’hui, grâce à plusieurs études, réalisées notamment par le CNRS, qu’on a même régressé ces dernières années pour ce qui concerne les carrières universitaires. Au bout de cinq ans de vie professionnelle en moyenne, les hommes se voient plus vite proposer une promotion que les femmes ; au bout de dix ans, c’est la maternité qui clive. Sans compter l’autocensure. Il existe ainsi une enquête très intéressante qui compare les résultats et les effectifs de garçons et de filles dans les premières années de prépas : on a observé en effet que les filles avaient de meilleures notes en mathématiques et en physique au baccalauréat, mais que, quand on leur demandait de s’évaluer, elles avaient tendance à se sous-évaluer par rapport aux garçons. Elles mont moins confiance en elles, une image dépréciée de leurs propres capacités, ce qui entraine par là-même une difficulté à se projeter dans l’avenir, par exemple à occuper des fonctions de pouvoir ou à devenir chercheur, en particulier dans les domaines où l’on peut faire des découvertes de rupture.
Tout cela m’a amenée à reconsidérer les quotas. Je n’irais pas jusqu’à dire comme Françoise Giroud que le jour où l’on verra une femme incompétente à un poste à responsabilité ce sera gagné (rires). Mais on a raison de procéder ainsi, parce que cela a valeur d’exemplarité, de représentation, pour permettre au reste de la société de se projeter, de se dire que c’est possible. La gauche le dit et le fait, même si pour celles qui sont en premières lignes, cette responsabilité n’est pas toujours facile à porter. À l’université, c’est donc aussi un combat à livrer. Il faut sensibiliser les directions des établissements au moment des élections universitaires. Mais il ne faut pas non plus bloquer les hommes, les culpabiliser. C’est ensemble qu’on doit avancer.
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ÉTAT DE LA SITUATION FINANCIÈRE
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RSU : Dès votre arrive au ministère, vous avez dû faire face à une situation bien délicate. Le gouvernement sortant avait dépeint une réalité si rose pour l’Enseignement supérieur et la Recherche… On avait beaucoup parlé des moyens sans précédent mis à disposition de ce secteur dans le cadre du Plan Campus, des Investissements d’avenir, etc. Or, dès votre prise de fonction, vous avez déclaré avoir repéré des manques budgétaires importants et annoncé le lancement d’un audit financier. En juillet, vous avez annoncé que 23 universités avaient accusé un déficit en 2010 et 2011 suite au manque d’accompagnement dans la mise en œuvre de la Loi LRU. Enfin, en juin dernier, le gouvernement a fait le choix de procéder à 25 millions d’euros de coupes budgétaires dans les crédits de la recherche dans le cadre du projet de loi de finances rectificatives, coupes qui ont provoqué un certain émoi. Qu’en est-il aujourd’hui de la situation financière de l’Enseignement supérieur et de la Recherche publique en France ?
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GF : On savait, et on l’a dit au cours de la campagne présidentielle, que beaucoup des crédits supplémentaires annoncés comme nouveaux par l’équipe sortante n’étaient en réalité que des redéploiements, au profit des appels à projets et au détriment des crédits récurrents. On connaissait l’état des finances de certaines universités. Mais j’avoue que j’ai quand même été surprise en arrivant par les impasses laissées par nos prédécesseurs.
J’ai déjà eu l’occasion de parler du 10e mois de bourse, pour les étudiants. Le gouvernement précédent avait sur-communiqué là-dessus alors que rien n’avait été correctement budgétisé, comme l’avait déjà signalé la Cours des comptes. C’était 100 millions euros d’impasses. J’ai dû demander une régularisation de 130 millions d’euros pour cette année. Mais ce n’est pas tout. Le GVT (Glissement Vieillesse Technicité) avait aussi été sous-évalué, ce qui explique d’ailleurs pour partie les difficultés financières des universités. Sans compter tous les projets structuraux sur l’espace, qui n’avaient pas ou mal été budgétisés. Au total, je me suis retrouvée avec 400 millions d’euros d’impasses pour le budget 2013. C’est certes peu au regard des 22 milliards d’euros de budget pour le ministère. Mais comme on est à budget fixe, que les marges de manœuvres sont très faibles, 400 millions, c’est beaucoup quand on veut tenter de retrouver par ailleurs de quoi financer la réussite en licence, l’orientation et l’insertion, etc. Quant aux 25 millions d’euros de coupes que vous évoquez, ce n’est pas 25 mais 17 millions, et qui ne sont pas des coupes mais un gel, à la mesure de ce qui a été gelé dans d’autres ministères, en partie pour la création des 60 000 postes prévus dans l’éducation, dont 1 000 par an doivent revenir à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.
Il faut savoir, d’autre part, que le budget de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est particulier par rapport à tous les autres budgets ministériels : il est externalisé à 92%, ce qui veut dire que ce sont les opérateurs (universités et organismes de recherche) qui gèrent ces budgets après allocation des moyens. Nous n’avons donc pas de prise directe sur la gestion de ces budgets, ce qui complique la possibilité de construire une politique nationale, de s’affirmer dans le débat si l’on ne veut pas, comme le gouvernement précédent le faisait, d’une politique du « laisser-faire », qui est une politique du « débrouillez-vous ». D’où, d’ailleurs, la nécessité des assises pour reconstruire ce lien perdu.
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RSU : Où sont les marges de manœuvre budgétaire ? La possibilité de faire basculer une part importante des crédits ANR vers les laboratoires vous paraît-elle envisageable pour rééquilibrer la politique de financement entre appels d’offres et crédits récurrents ? Que faire vis-à-vis des universités déficitaires ?
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GF : Du côté des universités, la situation est la suivante : si rien n’est fait, fin 2013, 50% d’entre elles auront des fonds de roulement insuffisants, non prudentiels, inférieurs à un mois ! Un tiers d’entre elles seront en déficit budgétaire et un quart en déficit pour deux années de suite. Et c’est une tendance qui s’aggrave. Comment résoudre ce problème ? D’abord, en se posant les bonnes questions. Avoir fait ce qu’a fait le ministère précédent, à savoir « l’autonomie », c’est-à-dire en réalité le transfert des personnels et des tâches, sans moyens ni accompagnement, c’est de l’irresponsabilité totale. N’importe quelle entreprise aurait déposé le bilan si on lui avait fait subir un tel processus ! Et puis cette politique a mis les gens en difficulté, voire en souffrance, sous pression. Du coup, des embauches se sont effectuées dans l’urgence, pour assumer ces nouvelles tâches, par exemple pour faire de l’ingénierie de projets, ce qui a grevé encore plus les budgets. Sans compter que, dans le même temps, on a aussi lancé les plans campus, les investissements d’avenir… Les équipes ont eu du coup moins de temps pour se consacrer à d’autres activités, et en particulier elles ont eu moins de temps pour répondre aux appels d’offres européens. Ainsi, nous sommes passés de 18% de réussite à 11,4% dans le dernier PCRDT [Programme cadre de rechercher et de développement technologique]. Voilà encore un exemple de la baisse des moyens consécutive à la politique de nos prédécesseurs !
On ne peut pas demander aux universitaires et aux chercheurs de tout faire en même temps. Ce ne sont pas des magiciens. C’est pourquoi il faut commencer par accompagner les acteurs, et prendre le temps. Dès mon arrivée au ministère, on a réagit d’abord en mettant en place un système d’indicateurs permettant de nous signaler les tendances aux déficits, la baisse des fonds propres. Et puis, on a dépêché immédiatement nos services sur place, pour aller à la rencontre des universités dans le rouge, afin d’en comprendre les causes. Actuellement, notre travail consiste à analyser précisément les situations, au cas par cas. Un service de 800 personnes, des inspecteurs, peuvent aider à cela au ministère. Rien ne sert de mettre sous tutelle des rectorats, comme cela a été fait par le gouvernement sortant. Il faut garder l’impulsion et l’encadrement du ministère.
Et puis il faut mutualiser l’ingénierie de projets. Nous avons à notre disposition toutes les compétences nécessaires, notamment par le biais d’organismes qui sont habitués à faire ce travail. Plutôt que de conclure des mariages improbables, de rajouter des strates aux strates sans se soucier des cohérences d’ensemble, par pur souci d’effets d’annonce, il faut par conséquent mutualiser les compétences entre les organismes et les universités, afin de faire monter notre système public en compétences, et non pas de le siphonner au service d’improbables entités juridiques privées.
Quant aux marges de manœuvres, elles sont bien maigres en période crise. Mais elles existent. Il va falloir redéployer effectivement les crédits de l’ANR vers les crédits récurrents des laboratoires. Il faut protéger nos laboratoires, en particulier dans la recherche fondamentale, et ne pas embêter les chercheurs en permanence par des courses permanentes aux crédits. Ce n’est pas à l’ANR de définir une stratégie, c’est aux organismes de recherche. L’ANR doit être une agence de moyens, pas de programmation à la place des autres, un outil commun. Et puis il faut encadrer les chercheurs, les accompagner, pour inciter à aller davantage vers l’Europe.
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RSU : N’y aurait-il pas également quelques marges de manœuvre à trouver via le Crédit impôt recherche ? Créé par la gauche en 1983 pour soutenir la recherche, en particulier la recherche industrielle, il a été détourné de son objectif initial qui était de soutenir l’effort de recherche des PME. Nombre de rapports – y compris le rapport du député UMP Gilles Carrez en 2009 – ont montré qu’il avait surtout bénéficié aux grands groupes sous-traitant leur R&D, très coûteux pour l’État – à hauteur de 4,7 milliards en 2009. Une réforme du CIR est-elle envisagée ?
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GF : Le Crédit impôt recherche peut représenter un levier d’action pour plusieurs ministères. Le sénateur Michel Berson a remis en juillet un rapport consacré au CIR. Je vais le regarder de près. Je pense que ce sera dans le collectif budgétaire 2014, même si je souhaiterais que ce soit dans celui de 2013. L’idée générale, c’est qu’on peut retrouver des marges de manœuvre en le maintenant à son niveau actuel mais en arrêtant les effets d’aubaine pour certains grands groupes avec un redéploiement vers les PME. Et quand il y a un partenariat des PMI/PME avec des grands groupes, il faut que ce soit les sous-traitants qui bénéficient du CIR. Il s’agira de faire aussi sortir du dispositif les services financiers sans valeur ajoutée qui s’y étaient glissés.
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PLAN CAMPUS ET INVESTISSEMENTS D’AVENIR
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RSU : Au vu de cette situation financière, et des principes qui guident votre action, tous les engagements pris par l’ancien gouvernement au nom de l’État pourront-ils être honorés ou certains sont-ils susceptibles d’être remis en cause ? La question se pose pour le Plan Campus : conçu par le gouvernement Fillon pour la rénovation immobilière des universités, le Plan Campus fonctionne selon le système des partenariats publics-privés, ce qui permet à l’État de se désengager, en déléguant aux entreprises privées la rénovation et la maintenance des bâtiments universitaires en contrepartie d’une facture censée être payée… par des universités sans moyens budgétaires pour s’en acquitter. N’y a-t-il pas là une bombe à retardement financière ? Peut-on poursuivre dans cette voie, d’autant que certaines universités, comme celle de Toulouse III, ont déjà annoncé la suspension de leur Plan Campus ? La question de la continuité – même si ce n’est pas la seule – se pose aussi pour les Investissements d’avenir (IDEX, LABEX, EQUIPEX).
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GF : C’est tout le problème. Comment solder l’héritage et engager notre propre action sans brutalité, dans la concertation ? Concernant le Plan Campus, je n’aurais pas choisi le système des partenariats publics-privés. On emprunte à des taux du privé ; or le résultat, c’est que sur les 5 milliards du Plan Campus, seuls 2,2 milliards sont consacrés aux projets eux-mêmes, le reste servant à rémunérer des organismes financiers. Ce sont eux les grands gagnants de la « politique d’excellence » du gouvernement sortant. Et pour quels résultats ? Quatre ans plus tard, je ne vois pas beaucoup de premières pierres posées.
Mais la difficulté, c’est qu’un travail a de fait été lancé par certains porteurs de projets (comme dans le cas des Investissements d’avenir d’ailleurs). On ne va donc pas tout démolir et être aussi brutal que le gouvernement précédent. Il ne faut pas perturber en permanence les équilibres. C’est pourquoi j’ai demandé à Roland Peylet, conseiller d’État, qui connaît bien ces sujets, de mettre au point une mission avec des universitaires, des aménageurs, des anciens recteurs, etc., en tâchant d’éviter bien sûr tout conflit d’intérêt. Ils se rendent actuellement sur place et visitent tous les sites des Plans Campus. Un premier compte-rendu m’a déjà été transmis. L’ensemble des 13 sites aura été vu d’ici à la fin du mois de septembre, et Roland Peylet me remettra son rapport définitif fin octobre.
L’objectif, c’est de simplifier les procédures, d’éviter de passer par les organismes financiers, de faire sauter les verrous quand il y a besoin (c’est le cas par exemple, à Bordeaux, où se construit une structure de gouvernance en Société d’économie mixte avec la Caisse des dépôts, mais dont les collectivités locales sont encore exclues faute d’un décret approprié), enfin de remettre de l’équilibre dans les Plans Campus. Je me refuse d’accepter l’idée selon laquelle il n’y aurait que Strasbourg et l’Ile-de-France au nord de la Loire ! Il y a aussi Lille, Nantes, Rennes, Nancy, etc. On va donc rééquilibrer les choses. En outre, à la concurrence entre campus, nous préférerons les mises en réseau, au sein desquelles pourront s’intégrer des universités plus petites. C’est à cela que servira cette mission sur les Plans Campus. Car contrairement à ce que l’on peut entendre, quand on nomme des missions, ce n’est pas pour différer l’action : leur rôle est très concret. On agit d’ailleurs de la même façon pour les IRT [Instituts de recherche technologique].
Pour les investissements d’avenir, il faut rééquilibrer les choses. C’est moins problématique pour les Equipex et pour les Labex. Mais est-ce que cela a du sens de trouver, sur un même pallier, un laboratoire labellisé Labex, avec pléthore de moyens, et un autre laboratoire en pénurie de moyens ? Il faut remettre à l’ordre du jour la notion de stratégie de site, d’écosystème de site, en vue d’un travail en réseau. Et ce d’autant plus que notre système devient inexplicable, aussi bien en direction de l’international que vis-à-vis des interlocuteurs nationaux. Il faut par conséquent mener un travail de simplification et c’est d’ailleurs tout l’objet des assises que de discuter avec tout le monde comment on peut simplifier les choses, de sorte à ce qu’il y ait en amont intériorisation de cette réforme à venir par les acteurs eux-mêmes qui puisse conduire à une meilleure application par la suite.
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QUEL MODÈLE FRANÇAIS ?
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RSU : L’argument souvent mis en avant par les défenseurs de cette « politique d’excellence » consiste à faire référence à l’obligation de s’inscrire dans une concurrence internationale, de rendre attractif et compétitif notre Enseignement supérieur et notre Recherche. Des contraintes dont beaucoup de travaux ont montré qu’elles étaient pour certaines fabriquées et instrumentalisées (comme les classements internationaux) par les partisans de la privatisation et de la mise en concurrence généralisée des systèmes nationaux d’Enseignement supérieur et de Recherche. Quel regard portez-vous sur ces enjeux internationaux ? Comment la France peut-elle promouvoir un autre modèle tout en restant attractive ? Comment construire en Europe un rapport de force qui puissent être, sur ces sujets, favorables aux idées de la gauche et au principe de « service public » d’Enseignement supérieur et de Recherche auxquels la gauche est attachée ?
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GF : Nous vivons dans un système de compétition. On peut le déplorer, mais on ne peut pas ne pas en tenir compte. Mais on peut agir au sein de celui-ci autrement que par la mise en concurrence effrénée, en s’inspirant, par exemple de ce qui existe dans la microélectronique et qu’on appelle la « coopétition ». Il faut aussi développer davantage la dimension européenne de notre action. Que pouvons-nous isolément ? Il faut renforcer l’Europe de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour créer une culture scientifique européenne, une identité européenne, et qui soit fondée sur l’accès au savoir et à la connaissance.
Dans cet esprit d’ailleurs, l’une de nos spécificités – et qui constitue, quoiqu’on en dise, aussi une de nos forces à l’international – ce sont nos droits d’inscription universitaires très bas. C’est une chance, et je l’ai dit en Conseil des ministres. J’ai résisté aux pressions récentes qui visaient à augmenter ces droits d’inscription. Ils n’augmenteront en cette rentrée qu’en-dessous de l’inflation (droits et tickets restaurants) et les bourses, elles, seront majorées au-dessus de l’inflation. C’est notre culture. Ce ne sera jamais une recette significative pour les universités. C’est lié à notre exigence de démocratisation. Toute notre campagne a été fondée sur l’idée de justice sociale, notamment pour la jeunesse. Il serait donc contradictoire de revenir là-dessus maintenant. Et puis c’est aussi un argument sur le marché international : 41% de nos docteurs sont étrangers et viennent de pays du Sud. La France représente à cet égard pour eux une chance d’ascension sociale. C’est un critère d’attractivité. On peut en faire la promotion. La meilleure des évaluations, ce n’est pas Shanghai. C’est le nombre de jeunes attirés par les sciences, le nombre de start-up et de brevets déposés, la qualité de nos publications. Il faut que nous établissions nos propres standards, qui incluent notamment l’enseignement, tout le travail pédagogique, etc.
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RSU : L’application de cette pensée néolibérale à l’Enseignement supérieur et à la Recherche a notamment eu pour conséquence, dans l’emploi scientifique, la baisse des recrutements publics et la généralisation, via l’ANR, de centaines de contrats précaires (post-doctorants, ingénieurs, techniciens, etc.), dont l’arrivée à terme pose un problème sérieux, et pour les personnes concernées, et pour la continuité et la qualité de la recherche française. Comment résorber cette précarité ?
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GF : C’est un sérieux problème. Il y a eu, d’un côté, une baisse des recrutements publics et, de l’autre, la multiplication de contrats précaires via l’ANR. Il faut dire que cela existait déjà avant : les post-docs, les CDD, etc., n’étaient pas rares avant que les chercheurs ne soient intégrés de façon plus pérenne à un organisme de recherche ou à une université. Mais, depuis les derniers quinquennats, la situation s’est aggravée. C’est même devenu systémique. Nous avons assité à une frénésie d’appels d’offres, à la multiplication de structures à caractère privé, sans compter « l’autonomie » qui a abouti à des transferts de charges provoquant des embauches temporaires, liées à des projets, ces dernières entraînant elles-mêmes de nouveaux coûts pour les universités. Une spirale dangereuse. On a perturbé un équilibre de façon très brutale.
Alors maintenant, que faire ? Il faut commencer, comme je l’ai dit tout à l’heure, par rétablir un équilibre entre crédits récurrents et crédits de projets. J’ai aussi beaucoup plaidé en faveur d’un maintien du nombre de postes aux concours dans les organismes de recherche. C’est vital, sinon on fait perdre dix ans à la recherche. Mais il est évident qu’on ne pourra pas engager tout le monde dans les organismes publics de recherche. C’est pourquoi il faut aussi engager toute une action en parallèle, par exemple – ce n’est qu’une partie de la réponse – pour la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives et les grilles de la fonction publique. On va essayer d’y faire accepter le titre de docteur – il y a déjà un texte à ce sujet pour la fonction publique, mais qui n’est pas du tout appliqué. Cette mesure permettrait en outre de diversifier la structuration sociale de nos élites, en évitant que certains corps annexent certains secteurs et se cooptent en interne.
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ASSISES DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE
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RSU : Le grand chantier de la rentrée sera celui des Assises nationales de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dont le comité de pilotage vient d’être mis en place. Beaucoup restent sceptiques sur ces assises et leurs résultats, conséquence logique de la dégradation constatée depuis dix ans au moins du lien de confiance entre pouvoirs publics et communauté scientifique. Pouvez-nous nous préciser quel sera le calendrier précis de ces assises ? Comment se dérouleront-elles concrètement (sous quelle autorité, dans quels lieux, qui pourra y participer, etc.) ? Quels en seront les objets ? Sur les 3 thèmes prévus, tous les possibles sont-ils ouverts (jusqu’où pourra, par exemple, aller la réflexion des participants aux assises sur la réforme des premiers cycles, celle de la formation des enseignants, ou encore celle de l’ANR, de l’AERES, des alliances, etc.) ?
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GF : Les assises ont été lancées le 11 juillet dernier. On s’inscrit ici dans la méthode de la Conférence sociale voulue par Jean-Marc Ayrault, c’est-à-dire avec une volonté de renouer avec la confiance, et, pour ma part, de faire de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans un débat de société. C’est important. Ce n’est pas que l’affaire d’une poignée de personnes, mais bien de l’ensemble de la société, puisque cela touche à l’idée de progrès, au fait de pousser ses enfants à faire des études, voire à reprendre soi-même des études dans le cadre de la formation continue. On ne parle que de recherche. Mais il y a aussi l’enseignement, qui ne fait pas partie des critères de classement de Shanghai. Donc d’abord, un débat de société, un débat pour la confiance et la construction d’une politique dans la concertation, avec des opérateurs qui doivent s’approprier les grands objectifs qui en sortiront. Nous n’avons été élus que pour cinq ans.Dès la rentrée 2013, les solutions portées par les assises devront donc entrer en vigueur.
Concrètement, un comité de pilotage a été nommé. Il est présidé Françoise Barré Sinoussi, une forte personnalité du monde de la recherche (et c’est un milieu, comme on le disait tout à l’heure, où cela compte). Nous avons un rapporteur, plus politique, en ce sens qu’il est président d’université, et donc très opérationnel, Vincent Berger. Le comité est presque paritaire. Ce comité de compte pas, en son sein, de représentants syndicaux ou de corps constitués (CNESER, CPU, etc.) mais a commencé à auditionnés les partenaires sociaux. La concertation sociale aura bien lieu.
Trois thèmes ont été définis : la réussite des étudiants (pédagogie, encadrement, orientation, insertion professionnelle, santé, etc.), la réorganisation de la recherche (simplification, réseaux nationaux et internationaux, statuts des personnels, mobilités, etc.), et la révision des politiques de gouvernance des établissements, à changer de l’avis de tous.
Les assises se dérouleront en trois phases. Première phase, jusqu’à fin septembre, celui de l’appel national à contribution, destiné aux organismes de recherche, aux acteurs sociaux et économiques des universités, aux syndicats, à tous ceux qui veulent manifester leur engagement sur ces sujets. Un site internet a été mis en place sur lequel on peut s’inscrire et déposer des contributions.
Deuxième phase, avant la mi-octobre, les assises territoriales. Elles auront lieu sur 2 ou 3 jours. Un correspondant de terrain sera nommé pour chaque territoire par le président du Conseil régional, le préfet de région, le recteur [1]. Tout le monde sera convié (étudiants, universitaires, familles, associations, etc.), le débat n’ayant pas vocation à rester interne. Chaque correspondant rédigera un rapport sur ces assises territoriales.
Dernière phase, enfin, les assises nationales, qui auront lieu le 27 novembre, dans le grand amphithéâtre du Collège de France, et qui seront introduites par Jean-Marc Ayrault. Le rapporteur du comité de pilotage dressera la synthèse des rapports territoriaux qui lui auront été remis. Un rapport final sera rédigé par Françoise Barré Sinoussi fin décembre pour le vote d’une Loi au premier trimestre 2013.
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Propos recueillis par Gaëlle Champon et Guillaume Tronchet le 1er août 2012.













[...] septembre, dans La Revue socialiste universitaire, la ministre elle-même enfonce le clou, estimant avoir dû effectuer “une régularisation de [...]
Bonjour,
Je lis: « ne pourra pas engager tout le monde dans les organismes publics de recherche ». OK, mais:
1/ il faut accélerer de façon *significative* la reconnaissance du doctorat dans les conventions collective et faire comprendre aux DRH farcis de certitutes franchouillardes d’un autre âge acquises dans les écoles de gestion et autres, qu’il faut qu’ils se mettent aux standards internationaux: nous sommes en 2012, et les réflexes pavloviens en entreprise n’ont pas encore suffisament diminué.
2/ il faut enfin faire des VRAIS concours de recrutement à l’université, et non continuer ses espèces de farces infâmes qui se résument à de la perte de temps pour de nombreux rapporteurs, de la perte d’argent pour l’Etat, et de la souffrance pour un grand nombre de candidats. Moi-même j’ai fait annuler par décision de justice au tribunal administratif un concours de recrutement MCF associé à une chaire CNRS complètement frauduleux alors qu’il se devrait d’être exemplaire. Mais dans l’université concernée c’est business « as usual »: l’université s’asseoit sur la décision de justice (et le ministère aussi) et les fraudeurs ne rendent aucun compte à personne – pas de mesure disciplinaire en vue. Quand un étudiant « touille » à l’examen il risque gros, quand des membres de comité de sélection signent des avis relevant de la fraude, no problem.
J’en viens donc au 3ème point:
3/ nettoyer les écuries d’Augias dans le monde universitaire dont les coulisses sont à faire peur: mandarinat, mépris des moins gradés, médiocrité élevée au rang de professeur classe exceptionnel, harcèlement des précaires, paiement des vacations en retard et pas toujours au montant prévu, conflits de personnes pitoyables pour les cacahuètes de la prime d’excellence scientifique, etc…
Cordialement,
H.
Concernant la comparaison hommes-femmes au niveau des notes scolaires, je souhaiterais que l’on ajoute une comparaison entre le temps hebdomadaire de travail scolaire des hommes et des femmes. Il s’agit d’une statistique d’appoint importante avant de faire la comparaison entre les notes. On verrait qu’il est moins important pour les hommes et qu’évidemment cela explique la différence au niveau des notes. On peut aussi extrapoler clea à l’université. La cas est différent en classes prépas, tout le monde étant obligé de travailler plus pour préparer les concours.
Ne pas donner ou faire de statistiques sur le temps de travail personne l moyen en secondaire consacré par chacun, c’est se priver d’une donnée statistique cruciale pour évaluer les différences entre hommes et femmes à ce niveau et nier que c’est ce facteur qui explique la différence. Comme les choses sont décrites dans l’interview, il y a un sous-entendu sexiste de supériorité intellectuel de la femme sur l’homme qui ferait hurler tout le monde si de tels propos sortaient de labouche d’un homme disant l’inverse en s’appuyant sur les données des diplômes scientifiques dans l’enseignement supérieur. Evidemment dans ce cas, le plus faible nombre de femmes que d’hommes vient plutôt d’un intérêt plus marqués pour d’autres domaines et pas d’autres raisons.
SVP, publié qd même ce commentaire, même si il doit paraître politiquement et socielement incorrect pour certains.
Je mentionne juste que lorsque l’on veut utiliser des statistiques, il convient d’être prudent et d’utiliser d’autres statistiques pouvant nuancer ses propres propos.
[...] [...]
Place des femmes. Je constate qu’il y a 20% de femmes au cabinet de la ministre, occupant les postes habituels « féminins » (secrétaire, attachée de presse)… Il en est de même pour les « rapporteurs » des Assises.
Avant de vouloir « sensibiliser (les autres, ailleurs) » -bla-bla-bla-, qu’attend la ministre pour monter l’exemple (chez elle) ?
Faut-il préciser à la dame que la majorité des précaires sont des femmes ?
Eliane Daphy, CNRS ingénieure d’études 2e classe
[...] le premier numéro, une longue interview de Geneviève Fioraso, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Questions [...]
[...] La ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Geneviève Fioraso (photo) a accordé une longue interview à La revue socialiste universitaire. Elle y précise sur nombre de points ses analyses et ses intentions. [...]
Un collectif de personnels de la Recherche Publique (Techniciens, Chercheurs, CDD, Ingénieurs, Administratifs, … ) a rédigé un témoignage sur l’évolution actuelle prise par la Recherche Publique. Cette rédaction et réflexion a été menée indépendamment de tous syndicats.
Ce témoignage, librement consultable et téléchargeable sur le site https://sites.google.com/site/fasttoslowscience/, est inspiré par l’Appel «Pour un mouvement Slow Science» [1].
A la veille des Assises Nationales de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, un tel témoignage largement co-signé permettrait de recentrer le débat sur le sens du travail des personnels de la Recherche. En effet, 3 thèmes prioritaires seront débattus lors de ses assises : 1) la réussite de tous les étudiants, en particulier ceux du premier cycle, 2) la réorganisation de la recherche, son rôle, ses institutions, et sa stratégie internationale, et 3) la révision de la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur et des politiques de sites et de réseaux [2]. Face à cet « ordre du jour », les conditions de travail des acteurs principaux de la Recherche, les modes d’évaluation des Laboratoires, la pression toujours plus croissante aux appels d’offre (etc…), ne seront que peu abordés. Les grands oubliés, dans ces débats à base d’arguments « managériaux », seront le personnel, les axes scientifiques et les résultats de l’activité scientifique des établissements.
Pour soutenir cette action de rendre public nos doutes quant à l’évolution actuelle de la Recherche Publique, vous pouvez diffuser ce témoignage à vos réseaux.
Pour co-signer ce témoignage, vous pouvez envoyer un mail à fasttoslowscience@gmail.com en indiquant vos Noms, Prénoms, statut et Organisme de rattachement.
Pour le Collectif « Fast To Slow Science ».
https://sites.google.com/site/fasttoslowscience/home
[1] http://slowscience.fr/
[2] http://www.gouvernement.fr/gouvernement/les-assises-de-l-enseignement-superieur-et-de-la-recherche-ont-ete-lancees «